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Point de vue d'une conseillère conjugale :

Amour et réalités ..

Que dire à des jeunes qui s'engagent dans le mariage avec le désir de réussir leur vie à deux, afin d'assurer la solidité de leur famille et, par là même, de la société ? Mon expérience professionnelle, où je reçois des couples en crises douloureuses ou en échecs cruels, et mon expérience personnelle de durée dans le couple, expérience que nous partageons avec d'autres couples, me donnent très envie de prévenir, d'avertir des difficultés, des embûches de toute vie conjugale sans couper les ailes à cet amour tout neuf. Est-ce possible ?

Je sais, par ailleurs, l'inutilité de tout discours, de tout conseil, dans cette période de la vie amoureuse où chaque couple a l'impression de vivre une aventure unique, incomparable. Donc, pas de conseils plus ou moins moralisants ou normalisants. Cependant, quand un architecte conçoit une maison, aussi originale soit-elle, il doit tenir compte d'un certain nombre d'impératifs, de réalités, s'il veut que la maison résiste au temps. Quels seraient ces impératifs, ces points incontournables pour la solidité du couple ? Si je le savais clairement... A défaut, je livre ici quelques réflexions inspirées par les souffrances qu'engendre l'échec.

 Aimer, ce n'est pas si simple !

Rien de plus désirable qu'aimer et être aimé... Pourtant, certaines formes d'amour peuvent être nocives, voire destructrices, car il ne faut pas confondre la dépendance et l'amour, la possession de l'autre et l'amour, le désir de l'autre et l'amour. Comme le bon grain et l'ivraie, cette recherche affective de possession, de sécurité, s'entremêle avec le respect de l'autre, le souci de le comprendre et de le voir s'épanouir. D'ailleurs, peut-on être amoureux sans se sentir dépendant ? Comment n'avoir pas envie de posséder l'objet d'amour et crainte de le perdre ? Comment ne pas vivre les moments fusionnels comme le sommet de la vie de couple ?

Mais que la possession ne soit pas ressentie comme un enfermement, que la fusion ne soit pas vécue comme une perte d'identité, et que le désir de l'un n'écrase pas le désir de l'autre: voici quelques éléments de l'alchimie conjugale. Mais comme il faut être attentif à comprendre ce que vit son couple !

 

 

 

 Reconnaître les attentes de chacun

Pour cela, il nous sera utile de repérer ce qui nous attire le plus profondément chez notre conjoint, et, en parallèle, de comprendre ce qui nous a fait être choisi. Car le choix amoureux n'est pas un hasard; il est souvent, en grande partie, le fruit de mouvements inconscients qui le rendent en apparence si mystérieux. La demande affective d'un adulte est nourrie de son passé: depuis sa naissance se sont imprimés en lui des plaisirs, des joies, des blessures, des souffrances, des révoltes, qui engendrent des envies de répétitions, des besoins de compensation, des désirs de réparation. Tout cela, il espère le réaliser dans son couple. Ces attentes latentes et inconscientes ne peuvent se gérer que si elles sont reconnues par les deux partenaires, et souvent on constate que chacun reconnaît mieux celles de son conjoint que les siennes propres, d'où l'importance du dialogue entre eux. C'est le cas par exemple de cette jeune femme qui choisit un mari plus âgé, rassurant et protecteur: elle trouve enfin dans son couple la sécurité dont l'a privée un père irresponsable. Mais, ainsi rassurée, supportera-t-elle longtemps sa position d'enfant ? Ce mari-père comprendra-t-il l'ambivalence de sa demande: être protégée tout en revendiquant son autonomie ? Saura-t-il favoriser son émancipation, sans avoir peur de la perdre ?

 

 

 Affronter les réalités au lieu de les occulter

Un couple naît toujours à la rencontre de deux histoires qui, s'étant reconnues quelque part, désirent s'entremêler. Ainsi vient très vite la certitude que chacun est comme un morceau de l'autre, fait l'un pour l'autre. Ce coup de foudre, cet éblouissement, cette impression de prédestination sont autant de vécus émotionnels intenses qui, restaurant le narcissisme de chacun, créent l'union du couple. Le danger de ces temps créateurs vient de ce qu'ils induisent chaque partenaire à nier ce qui, chez l'un comme chez l'autre, irait à l'encontre de l'idylle engagée. Pourtant la capacité de reconnaître dans l'autre la partie, si petite soit-elle, qui dérange, déplaît, inquiète, et de se le dire, est un élément important dans la construction conjugale. Mais parler de ce qui "fâche" quand on a tant de choses agréables à se dire, risquer de se faire mal, de détruire les bonnes images de soi, est-ce vraiment nécessaire ? Aussi voyons-nous de jeunes époux renoncer à ce dialogue vérité et, pour contenir leurs inquiétudes, espérer le changement de l'autre selon leur désir. Je pense à cette femme qui a choisi d'épouser un homme dont elle savait qu'il buvait, avec la conviction que son amour suffirait pour le guérir. Mais l'amour ne donne pouvoir ni de changer l'autre ni de le guérir. Bien sûr, dans la découverte amoureuse, certains comportements peuvent se modifier: des femmes peuvent suivre leur mari sur les terrains de foot, et des hommes accompagner leur épouse dans les grands magasins. Mais s'ils ne trouvent aucun plaisir à ces changements, ils les abandonneront ou les vivront comme une contrainte. Quant aux changements plus profonds, à la guérison de comportements plus pathologiques, comme l'alcoolisme, la violence, I'instabilité ou autres, ils supposent une prise de conscience de celui qui dysfonctionne et, à partir de là, sa décision de se soigner. Certes, se sentir aimé et soutenu par son conjoint l'aidera. Mais, s'il choisit pour lui servir de thérapeute un conjoint consentant, qu'adviendra-t-il du lien conjugal après la guérison?

Parce que j'ai vu trop de gens généreux embarqués dans des situations conjugales et familiales vouées à la souffrance et à l'échec, je mets en garde contre cette confusion entre le désir d'aider, de réparer, de sauver l'autre, et l'amour: pitié dangereuse, désir de puissance engendrant un projet illusoire.

 Affermir le projet commun qui fonde le couple

Oui, le couple a besoin de projets pour se construire. Plutôt que de s'accrocher à un modèle idéalisé, il lui faut s'amarrer à un projet commun. Nous avons tous inventé dans nos rêves une image idéale du couple qui, par définition, n'existe pas dans la vie réelle. Nous risquons donc d'être déçus en comparant notre vie conjugale à ce modèle rêvé. Ainsi, l'effet dynamisant d'un idéal à atteindre finit-il en découragement, en sentiment d'échec, de culpabilité.

Quant au projet commun, il est l'expression même de la fécondité du couple. Il deviendra l'axe autour duquel s'organisera la vie du couple. Il convient donc d'être vigilant sur la permanence de la commune motivation des époux, et pour cela il semble prudent qu'ils mûrissent tranquillement leur projet et que chacun puisse y adhérer sans contrainte affective ni précipitation.

 

Morceaux choisis d'un article de D. Balmelle,
ancienne conseillère conjugale à l'AFCCC,

dans la revue

Reproduit avec l'autorisation de l'auteur...

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