retour index

Attention, changement d'URL : www.bonheur-couple.fr

 

Home

Vivre à deux
Langage...
Crises du couple
Fusion et distance
Paternité
Sexualité
Mariage
Vie Professionnelle
Confiance
Amour vrai
Mariage religieux ?
Balise de détresse
Liens
Conseils conjugaux
Nous Contacter
FAQ
Qui sommes nous
Bibliographie
Plan du site
Recherche
Enquète
Articles en ligne (liens externes)

Point de vue d'une conseillère conjugale :

Le pardon dans le couple...

rond Seul un pardon mutuel entraîne un nouvel équilibre.

Le couple, la famille, lieu privilégié pour exprimer nos aspirations affectives, notre désir d'aimer et d'être aimé devient, par le fait même, le lieu où s'exercent compréhension et pardon mutuels pour que la vie familiale trouve une certaine harmonie. Par qui, en effet, pouvons-nous être le plus meurtris et blessés si ce n'est par ceux que nous aimons, ceux qui comptent pour nous, ceux dont nous attendons un retour à notre amour ? Ainsi, l'amour, dans tous les couples, ne s'épanouit et ne dure que s'il est accompagné par la capacité réciproque de s'accepter et de se pardonner.

Car chacun peut décevoir, blesser son conjoint sans le vouloir, sans s'en apercevoir, en étant tout simplement lui-même. Cette révélation, dans la vie quotidienne, ne colle pas toujours avec l'image idéale que, dans l'élan amoureux, chacun s'était construite de l'autre. D'où la nécessité, pour tout couple, de sortir de son rêve pour se pardonner mutuellement de n'être pas exactement celui/celle que l'autre espérait. Comme pour accueillir l'enfant réel, il nous faut un peu oublier l'enfant rêvé, il nous faut renoncer à le vouloir tel que notre rêve l'attendait. A partir de là seulement, chacun sera apte à se réconcilier avec l'inconnu, le nouveau, l'étrange parfois, enfin l"'a-venir" de son conjoint. Certes, le passage du rêve au réel ne se fait pas sans déceptions, sans douleur. Il est souvent le résultat d'une confrontation entre les conjoints à la suite de conflits, de blocage de communication, où chacun exprime enfin l'agressivité qu'a fait surgir en lui sa souffrance et/ou la culpabilité de ne pas se sentir à la hauteur de l'attente de son partenaire.

Nous savons que, pour certaines personnalités, ce passage du rêve de l'idéal au réel est particulièrement difficile parce que cette idéalisation était le moyen qu'elles avaient trouvé pour construire leur équilibre. Nous savons que nous avons tous nos limites et que certains aspects de l'autre nous seront toujours intolérables, sans conciliation possible.

Aussi est-il évident que pardon et réconciliation ne peuvent pas être des attitudes unilatérales; pour permettre de créer un nouvel équilibre relationnel, les efforts de chacun sont nécessaires... Eclairons ces propos par un exemple.

rond Un couple confronté au pardon

Un couple, 20 ans de mariage, trois enfants, situation confortable. La mère s'est arrêtée de travailler il y a quatre ans pour la naissance du petit dernier: "lls avaient tout pour être heureux." Madame, à la suite de coups de fil anonymes, développe une jalousie endémique: crise, conflits répétitifs, suspicion permanente. Après avoir essayé en vain de rassurer sa femme, le mari ne supporte plus l'ambiance familiale: ils consultent. Que découvrons-nous ? Un choix conjugal qui a entraîné rapidement un équilibre relationnel dissymétrique. Lui, deuxième et dernier fils très investi par des parents assez âgés, fait des études. Elle, cinquième d'une famille de dix, a poussé un peu comme elle a pu, est déjà au travail. Il lui offre le milieu protecteur et rassurant dont elle a toujours rêvé. Lui reste admirable dans son rôle de chef de famille très responsable: bon fils, bon époux, il sera un bon père. n sait, elle apprend; il décide pour le bien général et, dans un premier temps, elle en apprécie le côté confortable. Puis, peu à peu, lui apparaît le côté négatif. Ne serait-elle pas capable d'initiative ? Sa pensée, ses réflexions n'auraient-elles pas assez de valeur ? Un engagement à la paroisse la valorise et renforce par là même le sentiment qu'elle n'est pas reconnue à sa juste mesure dans sa famille. Elle change de look, il ne s'en aperçoit guère et n'en comprend pas la signification: cette demande de reconnaissance, ce changement de regard, qui lui confirmerait qu'il découvre avec plaisir et fierté ce qu'elle est devenue, n'a pas d'écho. Aussi en conclut-elle qu'il ne l'aime plus, et, sur ce doute latent, plus ou moins conscient, le coup de fil est le catalyseur; c'est la crise; ils se blessent mutuellement, tout le monde souffre; les réconciliations sont éphémères et de plus en plus rares. Chacun est à vif, tellement broyé qu'il ne peut offrir à l'autre, ni la reconnaissance, ni l'écoute dont il a besoin. Lui n'est plus le "super-mari", il craque et ne sait pas gérer cette agressivité et ces conflits qui envahissent leur vie. Peuvent-ils avoir compassion l'un de l'autre et prendre en compte qu'ils n'ont su, ni l'un, ni l'autre, gérer l'évolution de leur couple, et comprendre les effets pervers de l'équilibre initial ? Pourtant, une réconciliation durable, la confiance retrouvée passent par là.

rond Le mauvais pardon

Un travail sur soi-même, une réflexion sur le mode relationnel du couple, prouve, révèle à quel point la vie conjugale et familiale nous rend profondément solidaires l'un de l'autre puisque les erreurs, les dérapages de l'un ne prennent leur réelle signification que par et dans le fonctionnement commun. C'est bien à l'opposé d'un premier regard où certains dysfonctionnements du couple paraissent dus au comportement inadéquat de l'un qui porte ainsi la responsabilité de l'échec, de la faute.

Dans une telle perspective, le pardon devient unilatéral; il consisterait à oublier l'offense; passer par-dessus sa blessure, tirer un trait sur les motifs de reproche, passer l'éponge sont autant d'expressions populaires qui caractérisent cette attitude magnanime. Mais elle ne peut engendrer qu'un nouvel équilibre boiteux construit sur l'illusion du retour en arrière (tout va repartir comme avant) et sur un non-dit, un refoulement du malêtre antérieur (ne pas dire ce qui amènerait une remise en cause du système). Ne pas dire par culpabilité, par peur d'un conflit, par peur de n'être plus aimable nous rend co-responsables. Cette complicité du silence a les effets de la politique de l'autruche parce qu'elle compte sur une évolution spontanée de l'autre dans le sens espéré...

rond Le vrai pardon

Une véritable réconciliation suppose, au contraire, une prise de conscience pour chacun de l'interaction de leur comportement et une relative co-responsabilité, pas certes de l'action délictueuse elle-même, mais de ses causes; elle ne peut donc résulter que d'un mouvement réciproque de pardon et elle a alors pour effet, avec la sérénité retrouvée où culpabilité et ressentiment ont vraiment disparu, la mise en place d'un nouvel équilibre plus satisfaisant. Mais ce réajustement ne peut se faire que si, pour chacun, le désir de vie du couple l'emporte sur le laisser faire, voire le désir de mort. Ainsi rencontrons-nous parfois des couples "irréconciliables", même s'ils ne sont pas séparés encore, parce que, pour l'un au moins, est mort ce désir de faire vivre son couple. Nous rencontrons aussi des couples séparés qui ont pu faire le constat que leur personnalité réciproque rendait irréconciliable leur vie commune, et qui ont pu se pardonner mutuellement cet échec et les souffrances qu'il avait entraînées.

''Si le grain ne meurt..." la vie s'arrête, la moisson n'aura pas lieu. Il en va de même de notre vie relationnelle: le pardon est sur le versant du deuil, de l'acceptation d'une mort partielle à soi-même, du renoncement au rêve d'un ego tout-puissant; la réconciliation est sur le versant de la vie, de la résurrection, d'une relation qui renaît autrement...

 

Morceaux choisis d'un article de D. Balmelle,
ancienne conseillère conjugale à l'AFCCC,
dans la revue

Reproduit avec l'autorisation de l'auteur...

Voir aussi sur ce thème, le livre "Bonheur dans le couple" de l'auteur de ce site....

Retour

 

Copyright : BDC 1999-2012 ...