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Point de vue d'une conseillère conjugale :

Rétablir un dialogue.

rond Réchauffer l'iceberg, réveiller le désir, ne sont point des montagnes à déplacer.

Bien communiquer dans un couple, dans une famille, voilà la condition sine qua non pour que couple et famille se développent harmonieusement, du moins que les relations conjugales et familiales se vivent de façon agréable et féconde. A notre époque tout le monde ou presque en est convaincu. Nous devons aux découvertes des psychologues, des analystes de ces dernières années, la mise en évidence de ce besoin essentiel de tout humain: être en relation; être nourri, construit par ses relations avec les autres et, particulièrement, par celles avec sa famille, avec ses lignées. (....) Mais voici un paradoxe de notre condition: il nous est nécessaire pour exister, pour nous humaniser, de communiquer avec les autres, nous ne saurions advenir à nous-mêmes sans l'autre; ce besoin quasi vital ne se réalise pas toujours simplement de lui-même. L'expérience nous montre que, surtout dans les relations très importantes affectivement, très investies, la communication se brouille, se complique jusqu'à devenir parfois l'inverse de nos désirs. Dire le contraire de ce que l'on aurait envie de dire, à qui n'est-ce jamais arrivé ?

Les couples, certains plus particulièrement, sont experts dans l'art du « brouillage », dans l'ambiguïté des messages qu'ils s'adressent. Pourquoi donc ? Parce que nous sommes comme les icebergs: notre partie visible, superficielle, tient son équilibre de notre partie cachée. Dans cette partie s'enfouissent toutes les traces de nos relations antérieures, se garde une mémoire, souvent non consciente de notre vécu: relations passées qui vont induire à travers les demandes simples des attentes souterraines plus complexes. Dans le couple où chacun espère trouver une relation forte et proche avec l'autre, ces demandes archaïques vont surgir avec force: désir de retrouver une forme de communication qui nous a comblés; désir de réparer les souffrances anciennes des relations frustrantes.

Toutes ces manifestations de notre moi le plus primitif ne peuvent pas ( sinon très rarement ) s'exprimer clairement et il faudra alors apprendre à les décoder, à décrypter mutuellement ce que l'autre espère. Une des attentes de tous les amoureux est bien justement que l'autre le devine, comme le petit enfant ( et même les plus grands ! ) attend de sa mère et sa famille une réponse, caresse ou parole, qui le rassure, qui lui confirme qu'il n'est pas abandonné, qu'il est aimé.

Moments délicatement délicieux d'unisson spontanée où le rêve, la pensée de l'un et de l'autre se rencontrent, où le geste de l'un va au devant de celui que l'autre ébauche... Cette complicité amoureuse que tricotent nos inconscients nous ouvre au dialogue, à la capacité d'être sans peur avec l'autre.

Mais quand cette complicité s'amenuise, quand une déception diffuse s'installe, le climat du dialogue est entamé et tout échange peut vite devenir un terrain de conflit: lui dire que l'on n'est pas du même avis s'entend comme s'il était dit que son avis ne vaut rien et, de là, que soi-même ne vaut rien.

Je reçois des couples qui me disent ( et c'est vrai ! ): Nous ne pouvons plus nous parler et pourtant nous savons qu'il faudrait nous expliquer sur ce qui ne va pas, mais tous nos essais tournent aux disputes où nous nous faisons mal, où nous nous détruisons. En effet, la parole, les échanges peuvent être aussi maléfiques que bénéfiques; il est des paroles meurtrières et il est des paroles de vie. Quand les mouvements agressifs, plus ou moins courts, l'emportent sans être ni compris ni maîtrisés, alors les communications deviennent assassines et mettent en danger la vie du couple. Silence, distance, tous les subterfuges défensifs ne sont que des pis-aller, des abris relatifs, car rien ne peut empêcher le malaise profond de se communiquer: Nous espérions ce dialogue qui s'avère impossible, nous rêvions de compréhension et il faut se barricader. C'est pourquoi quand j'entends dire que le manque de dialogue est à l'origine de l'échec, de la rupture du couple, je crois qu'il serait plus juste de comprendre que le manque de dialogue est déjà le signe d'un malaise profond du couple, d'un dysfonctionnement qui atrophie la capacité de dialogue et / ou en détruit le désir même.

Tant que la souffrance de ce manque de communication est partagée par les deux conjoints, le couple vit une période de crise certes, mais il vit. Aidé, il pourra comprendre son mal-être profond; reconnaître que, dans l'attente de chacun envers l'autre, il y a des demandes impossibles à satisfaire (un conjoint ne remplace pas un parent); admettre qu'ils ne se changeront pas, mais que des évolutions, des maturations peuvent permettre d'autres formes de communication. Combien de fois des couples disent: Il y a longtemps que nous ne nous sommes pas autant parlé, vraiment parlé de nous, de notre histoire, de nos peurs, de nos limites et autant écoutés aussi ! Il a fallu cette crise et que nous envisagions de nous séparer ! Cette idée de séparation, en postulant une capacité encore virtuelle d'exister seul, peut autoriser chacun à se montrer à l'autre tel qu'il est et à le rencontrer sans peur de son emprise; la distance ainsi retrouvée ou trouvée, un nouveau dialogue pouvait naître entre eux.

Plus grave est la perte du désir car, en supprimant par là souffrances et conflits, c'est la voie de la mort pour le couple. Je pense à ces couples, rares il est vrai, où l'un des conjoints s'en va sans rien dire et où l'autre reste sidéré comme s'il n'avait rien vu venir, comme si, ni l'un ni l'autre, n'avait pu ou voulu voir que la belle harmonie première était illusoire et qu'elle ne pourrait se transformer en équilibre solide, au prix de quelques explications douloureuses, que grâce à la découverte de l'autre avec ses étranges différences, ses attentes imprévues et secrètes.

En effet, ce type de couple a souvent l'impression que le dialogue existait entre eux,&emdash;du moins le conjoint qui reste: Mais nous nous parlions, il n'y avait pas de secret entre nous. Fuite dans le « Tout dire » pour ne pas se dire, pour ne pas entendre le silence de l'autre et le ( et se ) noyer d'informations de toutes sortes; fuite dans l'agir aussi: il y a tant à faire, à se donner ailleurs, à s'occuper des autres, pour ne pas voir l'autre qui s'éloigne, I' autre qui n'est déjà plus là.

Reprenant notre image du début, les « icebergs réchauffés » que nous sommes ont cru se séduire et communiquer par leur partie visible alors que ce sont leurs parties immergées qui assurent l'équilibre de leur communication et la solidité de leur relation. Chaque conjoint a donc toute sa vie pour découvrir en lui et en l'autre ces paroles des profondeurs et à comprendre comment, en chacun, elles trouvent leur chemin pour être entendues.

Il n'est pas nécessaire&emdash;et c'est d'ailleurs tout à fait impossible&emdash;de combler toutes les demandes de son conjoint mais il est important de savoir les entendre, de les comprendre et de pouvoir en parler. Les limites de chacun ainsi comprises peuvent être plus facilement acceptées et nous conduisent à l'inévitable deuil de nos désirs de toute-puissance, y compris la toute-puissance de l'amour.

Morceaux choisis d'un article de D. Balmelle,
ancienne conseillère conjugale à l'AFCCC,
dans la revue

Reproduit avec l'autorisation de l'auteur...

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