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Point de vue d'une conseillère conjugale :

Du désir à la désillusion

 Il est difficile de transformer le rêve en réalité !

Pour tout vivant vivre, c'est durer, c'est investir l'espace et le temps. Mais chaque naissance engendre la mort. Chacun lutte à sa façon pour que la pulsion de vie l'emporte, triomphe de la mort.

Bien sûr, la foi en un Dieu d'Amour qui nous attend à la fin de notre vie terrestre pour nous accueillir est une espérance qui devrait ôter toute peur et toute angoisse... Mais cette espérance a besoin de s'incarner dans le quotidien. Un des antidotes le plus répandu, le plus naturel à notre angoisse de mort, est de créer un couple, de fonder une famille, de devenir un maillon petit, certes, mais indispensable dans la succession des générations. Tout couple est une création qui nous transcende dans la mesure où il transmet ce plaisir, ce désir de vivre qu'il a découvert. La fécondité du couple ne se réduit pas à la procréation; il est d'autres ¤uvres que l'enfant; mais elles procèdent du même mouvement: donner de la vie à partir de sa propre substance.

 La durée, un désir ou un rêve ?

Tous les amoureux, selon leur langage, leur culture, expriment ce sentiment d'éternité que leur a donné leur rencontre avec la sensation d'une vie nouvelle, d'une plénitude de vie: remarquable anti-dépressif que la rencontre amoureuse !

Le désir de durer est là au c¤ur du couple qui naît dans le plaisir de rêver ensemble d'une vie commune. Un couple qui ne rêve plus ensemble, qui ne construit plus de projets communs, qui n'investit plus son avenir conjugal, est un couple qui se meurt.

Suffirait-il de rêver ensemble pour que tout aille bien ? Hélas non; c'est nécessaire et non suffisant. Si le couple ne croit pas assez que son bonheur est de réaliser son rêve, alors le rêve devient illusion; si le couple ne s'entraide pas avec courage et ténacité à en poursuivre la réalisation, le rêve avorte, c'est la désillusion. n faudra beaucoup d'écoute mutuelle, de dialogue, voire de conflits dans la confrontation, pour vérifier si le projet incarne bien le rêve des deux.

Voici un couple modeste qui vit dans un appartement en ville avec deux enfants. Son rêve ? Une maison avec jardin. Il met toutes ses économies pour acheter un terrain et c'est parti ! Lui, qui est du métier, va construire leur maison: plus de week-end, plus de vacances, il fait même souvent des doubles journées, il est éreinté mais il avance. Quand sa femme lui demande d'arrêter un peu&emdash;tant pis si la maison attend&emdash;il ne peut l'entendre. Cette maison n'est plus le rêve des deux, c'est le sien qui le mobilise complètement au point de mettre en danger son bonheur conjugal, sa famille...

La vigilance, la réflexion sont toujours nécessaires pour ajuster rêve et réalité, pour maintenir les vrais enjeux.

Des rêves un peu fous à des rêves plus sages, des déceptions à de nouvelles espérances, le couple franchit les étapes de sa maturation, il vit, il dure.

 Mais pourquoi trop de couples ne durent-ils pas ?

Nous venons de voir que si le désir de durer est inscrit au départ de tout couple, le maintenir tout au long du chemin, demande l'adhésion, l'énergie de chacun. Personne ne peut retenir de force son conjoint ou plus exactement le contraindre à l'aimer. Il peut même y avoir des époux qui vivent encore ensemble, mais dont le couple est mort.

Nous sommes à une époque où la nécessité de la durée n'est plus une condition pour entreprendre l'aventure d'une vie à deux. L. Roussel, démographe de la famille, nous dit: "Le couple, la famille a plus changé en dix ans qu'en un siècle, la cohabitation se généralise, le taux des divorces augmente... Pourtant la famille est plus que jamais une référence, mais le couple est devenu un pacte associatif qui comporte une implicite clause de rupture". Paradoxe: à la fois le couple reste la clé du bonheur partagé, le refuge dans un monde professionnel, social, incertain et peu tendre, et l'engagement dans la durée semble une folie. On vit ensemble, on se marie même, sans vouloir se projeter dans l'avenir: on va voir si cela peut durer. Au fond de soi, il y a l'hypothèse du divorce, de la rupture qu'aucun serment ne semble conjurer. Pourquoi ? Peur, doute de soi et donc de l'autre, moyen (illusoire !) de se protéger contre un échec douloureux en l'incluant dans le contrat, façon de se déculpabiliser d'avance, habitude de s'assurer contre tout, conséquences de blessures antérieures qui interdisent de faire confiance: les causes en sont multiples Elles viennent de l'histoire de chacun et sont aussi alimentées par notre type de société.

 Un acte de foi

L'aventure du couple est d'abord un acte de foi. Mais qu'il est parfois difficile ! Pourtant, comment réussir sans croire à cette réussite ? En effet, un des côtés pervers du doute, c'est qu'il ne dynamise pas les conjoints pour dépasser leurs premières difficultés, les crises normales de croissance du couple. Parmi les couples qui viennent me consulter, un certain nombre vivaient leur deuxième expérience conjugale. Voyant qu'ils retrouvaient les mêmes problèmes, ils s'interrogeaient et cherchaient à comprendre... Parfois ils disaient que leur premier couple aurait pu passer le cap aussi bien que l'actuel, s'ils n'avaient pas cru trop vite que l'erreur venait de leur choix et qu'il ne fallait pas s'entêter...

 Le choix

Autre effet pervers: le choix, justement. Fait-on le choix du même partenaire quand on s'engage pour la vie et quand on essaie de voir comment on va s'entendre sans projet défini ? Voici les réflexions d'un homme récemment marié: "Nous avons vécu ensemble pendant toutes mes études. Elle a travaillé avant moi, elle était "sympa", gentille et sexuellement nous nous entendions très bien. Mais elle n'a pas deux sous de réflexion, de bon sens; elle sort des bourdes que je supporte plus" "Et avant ?" "Je crois que cela m'était égal, j'en riais même parfois... Mais elle n'était pas ma femme". Il avait glissé, sans réfléchir lui aussi, d'une cohabitation au mariage et maintenant il prenait conscience de la différence entre une association de vie plus sur le versant copinage avec une tolérance qui traduit une forme d'indifférence, et une communauté de vie, une interdépendance, une coresponsabilité.

Enfin, pour terminer, je voudrais dire à quel point, malgré un certain désir, le divorce reste une grande souffrance, destructrice d'une part de soi pour chacun des partenaires. Certes, il est des divorces qui soulagent quand des éléments pathologiques et mortifères dominaient dans la relation. Mais, la plupart du temps, la rupture est vécue dans un mouvement dépressif. Selon la durée et l'intensité de leur vie conjugale, chaque conjoint laisse en l'autre une partie de soi; deuil qui s'ajoute à celui du couple: lieu où chacun croyait panser ses blessures et abriter son très intime.

Aussi inciterons-nous tous les couples, qu'ils débutent ou soient plus âgés, à méditer cette réflexion de Pablo Neruda: "Je t'aime afin de commencer à t'aimer", commencement à l'infini insondable de l'amour...

Morceaux choisis d'un article de D. Balmelle,
ancienne conseillère conjugale à l'AFCCC,
dans la revue

Reproduit avec l'autorisation de l'auteur...

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